Une année scolaire vient de passer, comme un souffle, sans qu'on se rende compte de rien.

Les semaines se sont suivies, sans se ressembler et la famille Lapin apprécie toujours autant sa nouvelle localisation.

Maman Lapin fait le bilan...

Les bulletins ont pointé dès le départ les lacunes.

Il a fallu s'accrocher pour ne pas se décourager et accepter de repartir de zéro.

Tu as beau avoir des bases d'anglais, et savoir te débrouiller dans une conversation simple, cela n'a rien a voir quand tu es projeté, du matin au soir dans un environnement qui parle vite, usant d' un langage courant voire familier que tu n'as jamais croisé dans les livres (WTF ???)

Les bulletins et les professeurs ont surtout révélé aux parents Lapin l'étonnante capacité d'adaptation de leurs enfants.

Ils ne s'attendaient à rien, chaque enfant étant différent.

Il faut entre 7 ans en moyenne pour être complètement bilingue. 

Au bout de 9 mois il n'y a donc pas de miracles mais les progrès sont conséquents, spectaculaires chez certains.

Leurs choix ont influencé leurs apprentissages. (Tu vas parler mieux et plus vite si tu choisis des amis américains... si tout le monde dans ton entourage est français, ce sera plus confortable au départ, mais plus long)

Il y a eu de belles avancées et de petites stagnations. 

Ne sont pas bannis de la liste Dame Epuisement et Seigneur Frustration.

Oui, les larmes ont coulé. Personne n'a été épargné.

Mais l'avantage d'une famille Lapin, c'est qu'il y a toujours une épaule sur laquelle s'épancher et chercher du courage.

Alors on avance, et on avance bien !

 

Cécile et Alexandre, tous deux en kindergarten cette année (l'équivalent de la dernière annee de maternelle) ont acquis un vocabulaire et un accent qui forcent l'admiration de Maman Lapin.

C'est fascinant de les voir évoluer, faire des phrases en anglais, adopter un accent parfait.

Pour eux, l'anglais est la langue du jeu. 

Maman Lapin a demandé qu'ils soient chacun dans une classe différente, pour ne pas être tentés de se renfermer sur eux-mêmes.

Ils y sont tous les deux allés avec leur propre méthode.

Cécile a commence à parler français à tout le monde, mais avec l'accent anglais. 

Alexandre quant à lui inventait carrément des mots, en reproduisant la musique de la langue.

Le fait est que chaque matin ils sont heureux d'aller à l'école : excellent indicateur de leur niveau de satisfaction !

Alexandre lit en anglais

 

Cecile VIP a l'ecole americaine

 

 

 

Philippe, élève de Second grade (CE1) est resté presque deux trimestres sans prononcer une phrase en anglais a l'école.

Il ne parlait que dans un cadre hyper sécurisant, soit à la maison. 

La difficulté pour lui est d'assumer l'éventualité de l'échec. Et ceux qui connaissent le personnage savent qu'il est face a un sacré défi.

Eh oui, on n' apprend a marcher qu'en tombant.

Ce n'est pas un scoop, mais c'est une phrase que Maman Lapin a souvent répété tout au long de l'année scolaire.

Philippe a petit a petit compris que le système scolaire américain ne fonctionne pas comme en France.

Ici, on ne pointe pas les faiblesses d'un enfant par des appreciations négatives ou d'agressives pastilles rouges.

On valorise d'abord ses points forts. Ainsi l'enfant prend confiance en lui, s'ouvre aux autres, et decouvre le désir d'apprendre.

Les professeurs (et les adultes en général) sont tres respectés, chacun a son rôle, sa place bien définie, et les enfants suivent.

La discipline, l'obéissance ne sont pas des gros mots, et ne sont pas négociables ! 

Maman Lapin jubile...

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 Journée pyjama a l'école !

Pierre, en 7th grade (5eme) est le seul en Middle School, et le seul a faire 10 minutes de velo pour s'y rendre. La Middle School (équivalent du collège en France) de notre secteur n'avait plus de place pour lui lors de son inscription.

Pierre a mis plusieurs mois à comprendre qu'il n'était plus en vacances.

Plusieurs mois à comprendre que s'il n'arrête pas la personne en face pour lui dire qu'il n'a pas compris, cette personne ne peut pas le deviner et continue son discours. Il a fort heureusement un tuteur en maths et en sciences, fournis par l'école, qui l'aident a suivre le cours. 

Il y a eu des quiprocos, des retards dans les devoirs par manque de compréhension de notre part aussi. 

Il a fallu s'adapter au systeme de notation sur 5, aux pourcentages, aux devoirs en ligne, etc.

Il se débrouille de mieux en mieux en anglais, a une ribambelle de copains (être super fort en basketball ça aide !) et comme ses petits frères et soeurs, semble bien à l'aise dans ses baskets. 

Il a ete intégré dans le jazz band en tant que bassiste. La musique est ici une matière à part entière, aussi importante que les sciences ou l'histoire, qui compte dans la moyenne. Ils ont trois heures de cours par semaine.

Et leur niveau est impressionnant...

Advanced band Pierre

  Pierre joue des cymballes 

 

Jean-Baptiste et Camille ne sont pas en reste, tous deux en High School, le lycée, Camille est "Junior" en 11th grade (1ere) et JB "Sophomore"  en 10th grade (Seconde)

Leur campus est gigantesque. Ils ont la chance d'être dans la cinquième meilleure high school publique des USA. 

Les infrastructures sportives ou musicales sont juste hallucinantes. 

Camille a intégré la chorale, JB le symphonic band, matières notées, comme en middle school.

Ils cartonnent la plupart du temps, avec des hauts et des bas en fonction aussi de leur motivation que Papa et Maman Lapin cultivent avec vigilance.

Camille High school musical

Camille est au dernier rang, centre droit

 

 

 

jb symphonic band

Jb est debout au fond 

 

Le Francais n'est pas négligé pour autant et Maman et Papa Lapin veillent a ce que leurs petits lapins continuent à lire et à écrire dans leur langue maternelle, en lettres attachées et non en script ( il a fallu juste 3 mois a Philippe, 8 ans, pour oublier comment former ses lettres, cela va TRÈS vite).

Maman Lapin a adopté la methode Jean Qui Rit pour Cecile et Alexandre (6 ans). Ils sont ensuite passés a l'apprentissage syllabique avec "Mico mon petit ours", méthode avec laquelle Maman Lapin a elle même appris a lire. 

Philippe n'est jamais bien loin pendant les leçons et consolide ses acquis l'air de rien.

Maman Lapin est presque aussi excitée que ses petits lapins par le challenge.

Pour ceux qui la connaissent, le grand défaut de Maman Lapin est son manque de constance. Elle a eu du mal à fixer ce rendez vous en dur dans les plannings de l'après midi, une régularité d'apprentissage s'est vraiment installée en janvier. 

Alexandre lit en francais

Cecile lit en francais

 

Pour les plus grands, cette année de transition nécessitant toute leur énergie sur l'apprentissage de l'anglais, Maman Lapin a juste veillé a ce qu'ils continuent à lire en francais, pour ne pas trop perdre...

Elle ne sait pas encore comment s'y prendre pour la prochaine rentrée, tuteur particulier, cours collectifs, mais elle va devoir se décider si elle veut que Pierre notamment et Philippe, puissent continuer à apprendre les subtilités de leur belle langue française. 

 

Bref, émigrer dans un pays étranger et choisir l'immersion totale est un challenge, un vrai.

Cela demande un investissement quotidien, une bonne dose de courage, beaucoup d'humilité, et une montagne d'optimisme !